Lunedì, 23 Ottobre 2017
Domenica 30 Marzo 2014 20:35

Humain et divin sont désormais une même réalité. L'aveugle-né (Fray Marcos)

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Tout le récit est symbolique. Il y est proposé un processus catéchétique qui conduit l'homme des ténèbres à la lumière, de l'oppression à la liberté; d'une condition de néant à une plénitude d'humanité.

Jn 9, 1-41

Comme ce fut le cas pour la Samaritaine, Jésus prend l'initiative, mais l'intéressé doit répondre personnellement. Il s'agit d'indiquer aux catéchumènes le chemin à parcourir avant le baptême. Nous sommes tous des aveugles jusqu'à ce que nous ayons accepté la lumière. Si l'on confesse que Jésus est Seigneur, on est en condition d'être baptisé.

Tout le récit est symbolique. Il y est proposé un processus catéchétique qui conduit l'homme des ténèbres à la lumière, de l'oppression à la liberté; d'une condition de néant à une plénitude d'humanité. Jésus vient de dire « Je suis la lumière du monde ». Il le répète et va le démontrer dans les faits en donnant la vue à l'aveugle. Jésus ne lui demande pas son avis, mais il ne supprime pas sa liberté: la décision reste entre ses mains: il devra aller se laver dans la piscine pour devenir lui même. Les autres personnages, pharisiens, apôtres, voisins, parents, demeurent dans leur aveuglement.

Le mélange de la terre et de sa salive symbolise la création de l'homme nouveau, composé de la terre-chair et de la salive-esprit. D'où la phrase: il lui enduisit les yeux de son argile. Modelé par l'Esprit, l'argile est le projet de Dieu désormais réalisé en Jésus et avec la possibilité de se réaliser en tous les êtres humains. Jean utilise deux verbes pour désigner l'application de l'argile sur les yeux: ici oindre-enduire, en relation avec le nom de Jésus « Messie ». Plus loin il dira simplement appliquer.

Là est la clé de tout le récit. L'aveugle est maintenant un « oint », comme Jésus. L'homme charnel a été transformé par l'Esprit. Le doute des gens à propos de l'identité de l'aveugle reflète la nouveauté apportée par l'Esprit. Il est le même et il est autre. L'aveugle utilise les mêmes mots qu'utilise si fréquemment Jésus dans St Jean, quand il veut se désigner: C'est moi ». Il découvre la transformation qui s'est opérée en sa personne et il veut que les autres la voient.

L'aveugle qui n'était que chair s'est laissé transformer par l'Esprit. Jean n'accorde aucune importance à la guérison physique: il l'expédie en une demi ligne. Ce qui est véritablement important c'est que cet homme était limité et manquait totalement de liberté avant sa rencontre avec Jésus. Il perJésus parachève la création de l'homme.d la crainte et commence à être soi même, non seulement intérieurement, mais devant les autres.

Le nom de la piscine, SILOE, vient de l'araméen « siloah » = émission-envoi) dû au fait que son eau provenait de la source de Guijon, évoquant le fait que cette eau était émise-envoyée. Jean applique ce nom à Jésus, l'envoyé. La double mention enduire-oindre et de la piscine, terme utilisé pour désigner la fontaine baptismale, montre que le récit s'élabore à partir des rites d'initiation (baptême) de la première communauté.

Le fait que l'aveugle était mendiant n'avait pas été mentionné. Il était immobile, impotent, dépendant d'autrui. Point de départ clé pour mettre en relief le point d'arrivée. Jésus va lui donner la mobilité et l'indépendance. Il en fait un homme à part entière. Pas de mention non plus du fait qu'on était un samedi, jusqu'à la moitié du récit. Jésus ne tient pas compte de cette circonstance quand il s'agit de faire du bien à l'homme. Gâcher de l'argile était explicitement interdit par l'interprétation pharisienne de la loi. Gâcher de l'argile le septième jour prolonge le sixième de la création. Jésus parachève la création de l'homme.

Pour les pharisiens, qu'un homme ait été guéri ne présente aucun intérêt. La loi est la seule chose qui leur importe, et ils croient que l'homme n'a, aux yeux de Dieu, aucune importance non plus. Ils s'adressent aux parents pour déformer le fait qu'il leur est impossible de nier. Les parents sont des gens soumis, dans les ténèbres. La question est triple: C'est votre fils? Il est né aveuge? Comment a-t-il recouvré la vue? Ils n'osent pas répondre à la troisième, la plus importante. La crainte les empêche d'accepter quelque complicité que ce soit avec le fait. Ils ont peur d'être expulsés de l'institution.

Les pharisiens tentent alors de confondre l'aveugle. Ce qu'ils veulent à tout prix, c'est conserver la fidélité de l'aveugle, fut-ce contre l'évidence. Condamnant Jésus au nom de la morale officielle, ils prétendent qu'il est aussi condamné par celui qu'il a guéri.Dieu, pour eux, ne peut agir contre le commandement, même au bénéfice de l'homme.Ils veulent lui faire voir que la vue dont il jouit maintenant est contraire à la volonté de Dieu.

A l'inverse des parents, l'aveugle n'a pas peur. Il dit ce qu'il pense et oppose les faits aux théories théologiques. Ce qui lui arrive est si positif pour lui qu'il doit poser la question: Est-ce que Jésus ne serait pas au dessus du sabbat? Ayant expériemnte l'amour gratuit et libérateur, il sait maintenant ce qu'est qu'être un homme, grâce à quoi il sait aussi ce qu'est Dieu. Il le voit maintenant, les maîtres sont aveugles. Il découvre qu'en Jésus, Dieu est présent.

Les pharisiens sont tellement persuadés du bien-fondé de leur loi qu'ils n'hésitent pas à nier la réalité elle-même. Mais il est impossible à l'aveugle de nier ce qu'il a vécu personnellement. Ils le chassent, parce qu'il ne renie pas sa propre expérience et ne renonce pas pas au bienfait qu'il a reçu. Avec leur mensonge, ils ont voulu éteindre la lumière-vérité. En ne le faisant pas, l'homme ne peut demeurer dans le climat de mort-ténèbres qu'est la synagogue. De même que Jésus a dû sortir du temple, l'aveugle qui a reçu la lumière doit quitter l'institution juive.

« Il partit à sa recherche ». En grec le « eurôn » ne signifie pas une rencontre fortuite, mais le fruit d'une activité visant à trouver quelqu'un ou quelque chose. Le contraste est évident. Les pharisiens l'expulsent, Jésus le recherche. Il ne lui dit pas, comme il l'a fait pour l'infirme de la piscine, de ne pas recommencer à se laisser soumettre, parce qu'il a déjà passé l'épreuve en demeurant ferme devant les pharisiens. Avec sa question, il va parachever l'oeuvre d'illumination qu'il avait commencée. Ayant fait découvrir à l'aveugle une manière nouvelle d'être homme, Jésus veut qu'il prenne conscience de cette réalité.

Le récit s'achève avec la pleine acceptation de Jésus. « Il se prosterna » (prosekinesen est le même verbe qui désigne l'adoration due à Dieu (4, 21-24). le geste de se prosterner pour adorer Jésus n'est pas peu fréquent dans les Synoptiques, surtout chez Mt, mais c'est la seule fois où il apparaît chez Jn. Jésus, l'Homme, est le nouveau sanctuaire où se vérifie la présence de Dieu. L'aveugle expulsé, trouve le sanctuaire véritable, Jésus, où est rendu le culte en esprit et en vérité annoncé à la Samaritaine. Le lieu où ce culte peut être rendu à Dieu, c'est par excellence l'homme, parce qu'il consiste en la pratique de l'amour.

Le récit s'achève avec une solennelle proclamation de Jésus: « Je suis venu dans le monde pour un jugement: pour que voient ceux qui ne voient pas, et que ceux qui croient voir restent aveugles.» Ces paroles ne sont pas celles de Jésus, mais celles des chrétiens de la fin du premier siècle, claire allusion aux pharisiens qui se révoltent contre Jésus: « Sommes-nous aveugles nous aussi? Pour eux, les connaisseurs et les fidèles de la loi, qui tenaient les autres pour aveugles, il était inconcevable que quelqu'un puisse les voir comme des aveugles. Or la réponse de Jésus laisse très claire la douloureuse réalité: Ceux qui se croient les plus proches de Dieu, sont ceux qui le connaissent le moins.

écrit par Fray Marcos

 


Méditation-contemplation

Crois-tu au Fils de l'homme?
Croire en Jésus, c'est croire en l'homme. Il est le modèle de l'homme,
l'homme achevé selon le plan de Dieu.
Il a atteint cette plénitude en laissant l'Esprit l'envahir.

Jésus est en même temps la manifestation de Dieu et le modèle de l'homme.
En son humanité, le divin s'est rendu présent.
La « chair » est parvenue à son point le plus haut de transformation.
L'Esprit a assumé et élevé la matière jusqu'à la transformer en Esprit.

Mon but à moi est aussi de me laisser transformer en Esprit.
Pour ça, il faut naître de nouveau
Mourir à tout ce qu’il y a en moi de terrestre
Et laisser se déployer tout ce qu’il y a de divin.

 

Paru dans Feadulta.com

(Traduction Maurice Audibert)

 

 

Ultima modifica Martedì 30 Novembre 1999 01:00
Fausto Ferrari

Fausto Ferrari

Religioso Marista
Area Formazione ed Area Ecumene; Rubriche Dialoghi, Conoscere l'Ebraismo, Schegge, Input

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