Martedì, 22 Agosto 2017
Sabato 20 Settembre 2014 07:46

Les ouvriers de la onzième heure (Mt 20m 1-16) (Fray Marcos)

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Il nous faut être très prudents si nous voulons appliquer cette parabole à notre vie. Jésus ne veut pas donner une leçon de relations économiques ou de travail.

Les premiers chrétiens étaient des juifs, rejoints peu à peu par des païens et des croyants d'autres confessions. Lorsque se rédigea cet évangile, les communautés comptaient beaucoup d'années de fonctionnement, mais de nouveaux membres continuaient à s'y incorporer. Les plus anciens réclamaient surement des privilèges, étant naturellement parvenus à une perfection morale dont les néophytes ne pouvaient se targuer.

Cette parabole veut prévenir les chrétiens de leur communauté que le fait d'être parvenus à la foi avant les autres ne fait pas d'eux des privilégiés. Un tel sentiment de supériorité était profondément enraciné dans la pensée juive. Ils étaient les élus et les privilégiés. Dieu ne pouvait traiter les autres comme il avait l'obligation de les traiter eux.

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Du point de vue de la logique humaine, il n'y a aucune raison pour que le propriétaire de la vigne traite avec cette déférence ceux de la dernière heure.
Ce que veut peut-être nous dire la parabole, c'est qu'une relation « donnant-donnant » avec Dieu n'a aucun sens. Dans la communauté des adeptes de Jésus, le travail doit imiter Dieu, et être totalement désintéssé. Si nous prenions au sérieux cette consigne, que resterait-il de notre pratique religieuse?

Elle est très riche la phrase qui dit: « Les derniers seront premiers et les premiers seront derniers ». En réalité ce qui nous est dit c'est que tout critère utilisé pour évaluer les êtres humains perd sa consistance dans le cas où c'est Dieu qui fait l'évaluation. Les critères humains sont toujours insuffisants pour juger du degré d'appartenance au Royaume de Dieu.

APPLICATION

Il nous faut être très prudents si nous voulons appliquer cette parabole à notre vie. Jésus ne veut pas donner une leçon de relations économiques ou de travail. Il parle de la manière dont Dieu se comporte avec nous, qui est au delà de toute justice humaine. Que nous puissions l'imiter est une autre histoire.

Il est impossible de comprendre la parabole à partir des valeurs couramment admises dans notre société. Tout le monde travaille aujourd'hui en vue de parvenir à des inégalités; c'est à dire afin de posséder plus que l'autre, d'être au dessus et ainsi s'en différencier.

Cela est vrai, non seulement quand il s'agit de chaque individu, mais au niveau également de peuples et de nations. Dans le domaine du religieux, il nous a même été inculqué que nous avons à être meilleurs que les autres pour recevoir une récompense plus grande. Telle a été la philosophie sous-jacente à la spiritualité chrétienne de toutes les époques Or ce que propose la parabole est quelque chose de complètement différent. Une fois de plus, l'Evangile est encore lettre morte.

Il faut dans la communauté, rompre  les schémas sur lesquels est basée la société qui ne se meut que par intérêt.  Adressée à la communauté, la parabole décrit des relations humaines qui sont au delà de  tout intérêt égoïste  individuel ou collectif. Les Actes des Apôtres nous mettent sur la piste lorsqu'ils nous disent: « ils possédaient tout en commun et l'on distribuait à chacun selon ses besoins ».  

N'allons pas imaginer non plus que les derniers arrivés se seraient appliqués à travailler plus dur que les autres, de sorte que ce que rétribue le propriétaire aurait été le travail et non les résultats. Penser ainsi serait gommer le véritable sens de la parabole qui met précisément l'accent sur la gratuité du salaire perçu par ceux qui n'ont pas travaillé suffisamment pour le gagner.

En réalité ce qui en jeu est une façon de comprendre Dieu complètement originale. Ce Dieu de Jésus est si déconcertant qu'après vingt siècles nous ne l'avons pas encore assimilé. Nous pensons toujours à un Dieu qui rétribue chacun selon ses oeuvres.

L'un des obstacles les plus forts qui bloquent notre vie spirituelle est de croire que nous pouvons et devons mériter le salut. Or le don total de Dieu est toujours le point de départ, non une chose que nous devons atteindre grace à nos efforts.

Nous disposons même aujourd'hui de données suffisantes pour aller au delà de la parabole. La rétribution, ça n'existe pas. Dieu donne la même chose à tous les êtres humains, parce qu'il se donne Lui même et ne peut se partager. L'Ecriture elle même dit « Dieu donne l'Esprit sans mesure ».

Car Dieu ne se sépare pas. Il n'a rien à donner, parce que rien ne peut exister hors de Lui. Et s'il ne peut se partager, il faut qu'Il se donne tout entier, autrement dit, infiniment.

Dire que Dieu nous accorde telle ou telle grâce, est une façon erronnée de parler. Dieu est totalement disponible pour tous. Ce que chacun prend va dépendre seulement de lui.

Faites bien attention: si Dieu, à un moment donné, pouvait m'accorder quelque chose qui ait à voir avec ma plénitude et ne me le donnait pas, il cesserait d'être Dieu. Dieu ne peut être avare.

Je dois être capable de m'ouvrir au don de Dieu; ce n'est pas que Dieu doive faire quelque chose, dépendant de mon comportement.

L'oeuvre salvifique de Jésus n'est pas destinée à changer l'attitude Dieu à notre égard; comme si, avant lui, nous avions été condamnés par Dieu pour ensuite être sauvés. La salut de Jésus consiste à nous montrer le véritable visage de Dieu et comment nous pouvons répondre au don total qu'il nous fait.
Jésus n'est pas venu pour faire changer Dieu, mais pour que nous, nous changions d'attitude relativement à Dieu, en accptant son salut. Ne continuons pas à nous efforcer de mettre Dieu sur nos chemins. Entrons une bonne fois sur les siens!

Avec ces paraboles, l'évangile veut en finir avec l'idée d'un Dieu qi répartit ses faveurs selon le degré de fidélité à ses lois, ou pire selon son caprice. Malheureusement, nous avons continué à rendre un culte à ce Dieu intéressé et qu'il nous intéressait de maintenir.

Le message de la parabole d'aujourd'hui est au sens le plus strict « évangélique », c'est à dire bonne nouvelle; Dieu est égal pour tous; pour tous, il est amour, don infini. Lorsque nous disons pour tous, nous voulons dire pour tous sans exception.

Ceux de nous qui nous croyons bons, qui croyons et accomplissons tout ce que Dieu veut, nous verrons la parabole comme une injustice; nous avons toujours la prétention d'appliquer à Dieu notre manière de vivre la justice. Comment allons nous accepter que Dieu aime les méchants autant que nous? C'est toute notre vision religieuse qui s'écroulerait, elle qui veut que nous soyons bons pour que Dieu nous récompense ou pour le moins qu'il ne nous châtie pas.

L'Evangile propose la façon selon laquelle doit fonctionner la communauté. C'est le Royaume. Serait-il possible de transposer cette façon d'agir à l'ensemble des instances civiles? Si l'on prétend imposer une telle relation à partir du pouvoir, elle n'aura aucune valeur salvifique.

Si par contre tous les membres d'une communauté quelque en soit le type,   l'assumaient volontairement, ce serait d'une richesse humaine incroyable, même ne partant pas d'un a priori de transcendance.  

Méditation-contemplation

« Je ne suis aucunement injuste avec toi »
Il n'est pas facile de comprendre à partir de notre logique humaine
les raisons qu'a l'amour pour agir sans motif apparent.
Il nous faut découvrir que l'amour que Dieu a pour moi
ne peut jamais avoir sa raison d'être en moi, mais seulement en Lui.

Cette attitude aimante que Dieu montre envers moi
est celle que je dois imiter envers les autres.
Voilà la clé de tout l'Evangile.
Nous n'avons pas à aimer pour que Dieu nous aime,
mais aimer comme Dieu nous aime et parce qu'Il nous aime.

« Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour ».
Pour pouvoir imiter Dieu, nous avons d'abord à le connaître.
Ce que Jésus tente sans cesse dans l'Evangile,
c'est de nous amener à cette découverte du vrai Dieu.

Écrit par Fray Marcos

(Traduction française Maurice Audibert)

 

Ultima modifica Lunedì 22 Settembre 2014 15:01
Fausto Ferrari

Fausto Ferrari

Religioso Marista
Area Formazione ed Area Ecumene; Rubriche Dialoghi, Conoscere l'Ebraismo, Schegge, Input

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